Partir de la notion, pas du mot
Un terme désigne une notion. Avant de chercher son équivalent, précisez ce qu’est la notion dans le texte source : ce que fait l’objet, de quoi il fait partie, de quoi il se distingue. Un registre coupe-feu et un registre de fumée sont deux produits différents; une recherche qui part du seul mot « registre » donnera les deux et n’apprendra rien. Rédigez d’abord une définition d’une ligne. Chaque source consultée ensuite est comparée à cette définition.
Où chercher
À peu près dans cet ordre, pour l’anglais et le français canadien :
- Votre propre base terminologique et vos traductions passées. Un terme déjà approuvé par votre firme l’emporte sur tout dictionnaire.
- Le texte officiel dont vous partez. En construction, le français officiel du Devis directeur national fait référence; viennent ensuite les normes CSA et les codes publiés dans les deux langues.
- Les banques de terminologie gouvernementales. TERMIUM Plus, du Bureau de la traduction du gouvernement du Canada, et la Vitrine linguistique de l’OQLF, qui comprend le Grand dictionnaire terminologique. Les deux donnent le domaine, et souvent une définition ou un contexte.
- La documentation bilingue des fabricants. Le catalogue français d’un fabricant canadien montre le terme réellement employé au chantier pour son produit.
- Les dictionnaires et lexiques spécialisés du domaine, de préférence récents et canadiens.
Où rester prudent
- Les concordanciers bilingues comme Linguee montrent comment d’autres ont traduit une expression, pas s’ils avaient raison. Utiles pour trouver des pistes, jamais comme preuve.
- La traduction automatique et les agents conversationnels donnent une réponse fluide sans source. Traitez-la comme une hypothèse à vérifier.
- Les sources uniquement françaises peuvent être justes pour la France et fausses pour le Québec. Dans un projet de construction québécois, le devis est la spécification technique; en France, la spécification est le CCTP, et le devis est le plus souvent une proposition de prix.
- Les forums peuvent donner une piste; ils ne règlent rien.
Bien chercher
- Cherchez le terme en contexte : le terme avec un mot de son domaine (« boulon d’ancrage béton », pas seulement « boulon d’ancrage »).
- Employez des expressions exactes entre guillemets, et limitez aux sites canadiens (site:gc.ca, site:gouv.qc.ca) quand le marché est le Canada.
- Cherchez aussi le terme candidat dans la langue d’arrivée, et voyez comment il s’emploie dans un vrai document rédigé dans cette langue. Si le contexte ne correspond pas à votre notion, ce n’est pas votre terme.
Valider, puis consigner
Un terme est prêt quand deux sources fiables et indépendantes concordent avec votre définition. Consignez-le ensuite, pour qu’une recherche devienne une entrée de base terminologique.
Le contenu d’une fiche terminologique
Gardez-la assez courte pour la remplir chaque fois : le terme dans chaque langue, une définition d’une ligne, la source et sa date, et les termes à éviter. Une fiche sur le catch basin, par exemple, donne bouche d’égout, cite la section 33 05 16 du DDN et précise que puisard veut dire sump.
Pourquoi le faire une seule fois
Seuls environ 4 à 6 % des mots d’un texte demandent une recherche terminologique (Guy Champagne, The Economic Value of Terminology, 2004), mais les mauvais termes ont causé 47 % des erreurs de traduction dans l’étude de General Motors sur ses propres traductions (SAE J1930, Woyde 2005). Corriger un terme tard coûte aussi plus cher, puisqu’il se trouve alors à plus d’endroits et dans plus de livrables (Kara Warburton, Developing a business case for managing terminology, 2024).
Quand la confier
Pour un seul document, la recherche fait partie de la traduction. À l’échelle des projets d’une firme, cela devient un projet de terminologie. Quand des personnes différentes refont les mêmes recherches sur des projets différents, les mêmes corrections reviennent sur le bureau de vos ingénieurs. C’est à cela que sert une base terminologique. Les terminologues de Technitrad font cette recherche une fois, à partir de vos traductions passées, et vos ingénieurs en approuvent le résultat. Une vérification terminologique gratuite d’un livrable traduit récent montre quelle part de ce travail attend déjà dans vos documents.
Vos traductions sont-elles cohérentes? Obtenez une vérification terminologique gratuite.
Cette méthode vient de David Fay, directeur général de Technitrad, titulaire d’une maîtrise en terminologie de l’Universitat Pompeu Fabra (IULA, Barcelone, 2013) et gestionnaire terminologique certifié ECQA (niveau de base).
